vendredi 29 juin 2007

les aventures d'une salade niçoise

Ici tout va bien, ou plutôt tout va mieux depuis hier.


L’histoire commence à 13 heures j'ai rendez vous avec Clara au petit gourmand, un restaurant français près du bureau de Clara. Il fait mourant dehors, alors une ambiance air conditionné et une petite salade niçoise s’imposent. L’endroit au demeurant est fort sympa, entouré de livres, de guides de voyage de cartes du monde on discute d'un futur voyage, l'inde pourquoi pas,... on passe un agréable déjeuner. A la fin de ma salade je me sens bien l'esprit rempli de voyage l'estomac rempli de vitamines de légumes et de thon. On se quitte tout aussi heureux, Clara retourne à la délégation moi je m'en vais étudier le chinois à la bibliothèque française. Arrivé à la bibliothèque , je suis essoufflé , mon cœur bats la chamade, je me dis mon dieu ma condition recule, je m'assieds, la tête est prête a exploser , impossible de lire un texte, j'ai mal aux jambes, je sens que je vais tomber dans les dumplings, je file aux toilettes me refroidir un peu, la le miroir me dit bien que je suis le plus rouge de l'univers, je souffle un peu, le cœur est toujours dans une course contre la montre. Je quitte l'endroit, je téléphone à Clara en me demandant si elle aussi a les mêmes symptômes, elle me réponds couché par terre les jambes en l'air , ah Greg oui oui moi aussi ça va pas du tout , on échange quelque rires nerveux, il paraît que c'est la chaleur et que sa passe... bon... je continue mon chemin à la recherche d'un peu d'ombre et d'eau... et ça va de mal en pis, alors, l'instinct de survie m'emmène à l'hôpital chinois à 10 mètres, un endroit qu'en rigolant on décrivait avec des amis comme étant la boucherie chinoise du coin:) , me disant que c'est dans les vieilles casseroles qu'on fait les meilleurs plats j'entre, en effet on est pas loin de la boucherie, je suis accueilli fort sympathiquement - pour reprendre un critère du routard-, j'entre dans les abattoirs, une vingtaine de chinois souffrant font la file dans couloir ou il fait mourrant, pas d'airco évidemment, l'humidité en plus, les mouches, les plaies ouvertes, le carrelage,les cris, le ventilo tombe par terre, ça y est plus d'espoir d'avoir une bouchée d'air frais, je peux pas attendre, je tombe sur un médecin qui me prends en charge tout de suite. Il parle deux mots d'anglais comme tous les chinois cad 'wait a moment' et 'yes'...alors on fait faire un électrocardiogramme, on me couche sur une vieille planche en bois dont on a vite séché les taches de sang du précédent et nettoyé un peu à l'eau , je me lance j'ai peur, je vois de grosses pinces arriver, des pinces qu'on trouve en Belgique dans le coffre de la voiture pour rallumer la batterie, on m'attache une pince à chaque pied et à chaque poignet, je fais, eh eh c'est quoi votre truc, wait a moment, électrocardiogramme, bon ok, mon coeur bat encore un peu plus vite; trois minutes plus tard l'electro machin est fait, conclusion mon coeur bats vite. on prends ma tension, avec des outils plus modernes, ils comprennent qu'il s'agit d'une allergie, ils vont me donner un 'drugs', oui, quel drug , antihistamine, le médecin prends un dico me montre ce que c'est , me voila rassuré, je passe dans la chambre d'à coté, je m'installe sur un tabouret, le dos tourné à l'infirmière je baisse le pantalon et paf, l'antihistamine est dans la fesse, en haut à droite,je vois à travers une petite fenêtre le soleil et quelque passants, mon calvaire prends fin, je paye le médecin 2euro50 cents, le coeur ne bats plus tellement,les rougeurs disparaissent petit à petit.
Je file tout suite voir Clara, sa boss l’a emmené à un l’hôpital d’expats SOS (ils ont de l’imagination les médecins d’expats) à côté du bureau, à première vue on est dans la perfection médicale.

J’arrive, Clara couchée sur le lit accrochée à un baxter avec toutes les machines branchées, le masque à oxygène, deux médecins et une infirmière en train de lui donner des doses d’adrénaline. Clara toute rouge, tremblante, les yeux grands ouverts… ça va pas du tout. Le contraste est un peu trop fort à mon goût, moi qui sort des abattoirs guéri, Clara qui est dans le nec plus ultra attaché à des câbles souffrante et aucun signe de rétablissement. Je demande au doc pourquoi ils ne lui donnent pas la même chose que ce qu’on m’a donné, je reçois tout un discours hallucinant, à propos de problèmes respiratoires, et qu’il faut donner des doses d’adrénaline toutes les x minutes, à cet instant il lui donne sa troisième dose, immédiatement Clara recommence à trembler. Je dis au doc qu’ils doivent arrêter cette histoire d’adrénaline. Un autre médecin arrive, encore plus top gun que l’autre, lance dans son plus bel anglais oxfordien, ‘how are you darling ?’ ‘We’ll give you a little pillow, it will make you feel good’, j’exulte! Évidemment le médecin pas content, dit de me calmer, se retire avec l’autre médecin, et décident de lui donner l’antihistamine sans avouer évidemment qu’ils n’y avaient pas pensé.

Le temps passe on s’endort tout les deux, l’antihistamine fait son effet. On retire tous les câbles, etc. Le super docteur revient nous dit qu’il veut nous transférer dans un autre hôpital pour mettre Clara sous observation pour une nuit, si on veut pas on doit signer une déclaration patati patata, on est d’accord, on va à l’autre hôpital (avant de payer la facture 610euro, « we thank you for using our medical service » – y a de quoi) on est pris en ambulance, entre temps Clara se sent nettement mieux, plus de rougeurs, plus de hauts battements de cœur, mais quand même toujours mis au électrocardiogramme transportable bip bip , ça va on est en vie, à chaque bosse que prend l’ambulance la petite machine du docteur s’interrompt, l’homme paniqué you’re all right – la médecine privé je vous jure…- ils croient plus à leur machine qu’à ce qu’ils voient – pire que des fonctionnaires. Enfin, on arrive à l’hôpital (d’américains, donc privé, donc l’argent fait le ticket d’entrée – je demande au passage si on a droit à un verre de champagne pour ce prix la (150 euro d’entrée en urgence) ils ne rigolent pas. Tout compte fait on fini par voir un médecin compétent, qui comprends qu’on a juste mangé du thon qui s’est éclipsé de la chaîne du froid, et donc notre corps a réagi immédiatement. Rien de quoi s’inquiéter il suffit juste de recevoir la bonne dose antihistamine …
Comme disait Scarlet à la fin d’autant en emporte le vent : ‘Great balls of fire : tomorrow is another day’.

6 commentaires:

Unknown a dit…

I love western medicine...

Luis a dit…

Aïe, content que vous soyez bien tous les deux. Vivan los mataderos.

Bego a dit…

¡qué susto! menos mal que ya estáis bien.
para que luego digan de la medicina china...
besos a los dos

Anonyme a dit…

Eh ben les gars, c'est plutôt impressionnant... Content que vous alliez bien en tout cas!

Vous savez quoi, le 29 juin (pour fêter mes 35 ans, beeeuuurk) j'étais avec manuela à la monnaie pour voir 'Rain' de Anne-Thérésa de Keersmaker. J'ai pensé à vous, plein d'émotion, vous savez...

Et le 30 juin? je suis allé jusqu'à Verviers (bon, je sais c'est pas aussi loin que Pékin...) pour aller voir Mother Superior.. Greg, c'était beau à pleurer, funky à souhait, rocky à gogo, tendre à pleurer (çà c'est quand y jouaient des ballades)..bref j'aurais bien aimé que tu sois là pour voir çà!

Je vous donne à tous les deux un gros bisou, et vous fais un gros coucou de la part de Manuela!

Hasta la vista les babies...

Mathieu

Anonyme a dit…

Ce que j'aime bien dans votre histoire c'est que vous vous étiez donnés rdv au resto pour parler d'un voyage "pourquoi pas l'Inde". Après ce qui vous est arrivé je peux vous assurer que vous êtes prêts pour affronter l'Inde.

Anonyme a dit…

great dudes, glad you survived...let's hope your next salade will be a bit more healthy!

Cheers to you both mates

Elvis the king